Électrification de la flotte : comment les entreprises de logistique passent aux véhicules électriques
L'électrification de la flotte est le processus par lequel une entreprise de logistique remplace progressivement son parc de véhicules par des véhicules entièrement électriques. Ce processus englobe le choix des véhicules, l'infrastructure de recharge, la formation du personnel, l'adaptation des itinéraires et la planification du financement. Les motivations sont triples : la législation relative aux zones à faibles émissions (LEZ), les objectifs en matière de CO₂ et la baisse des coûts de possession des véhicules électriques à moyen terme.
Les 5 étapes de l’électrification d’une flotte
L’électrification d’une flotte ne se fait pas du jour au lendemain. Les entreprises de logistique qui planifient correctement cette transition suivent 5 étapes, de la première analyse des données de conduite à la formation des chauffeurs. Chaque étape s’appuie sur la précédente et évite que les investissements ne soient mal orientés.
Étape 1 : Analyse des itinéraires et des données de conduite
Avant d’investir dans des véhicules électriques, une entreprise cartographie les habitudes de conduite existantes. Quels véhicules parcourent quelles distances, avec quel chargement et à quels moments ? Ces données déterminent la priorité de remplacement. Les fourgonnettes dont l’autonomie quotidienne est inférieure à 200 km se prêtent à un remplacement immédiat par des véhicules électriques. Les véhicules effectuant des trajets plus longs ou transportant des charges lourdes nécessitent un scénario spécifique et parfois un autre type de véhicule.
Étape 2 : Choix du véhicule
En se basant sur les données de conduite, l’entreprise sélectionne les modèles adaptés à chaque type d’utilisation. En 2024, le marché des fourgons électriques comptait plus de 30 modèles dans le segment jusqu’à 3,5 tonnes. Les modèles courants pour la logistique urbaine sont ceux du groupe Stellantis (Citroën e-Berlingo, Peugeot e-Partner, Fiat E-Doblo), le Ford E-Transit et le Volkswagen ID.Buzz Cargo. Les caractéristiques pertinentes pour le « dernier kilomètre » sont l’autonomie (certifiée WLTP), le volume de chargement et la charge utile en kg.
Étape 3 : Infrastructure de recharge
L’infrastructure de recharge est l’investissement le plus sous-estimé dans le cadre de l’électrification d’une flotte. Si la stratégie de recharge n’est pas planifiée à l’avance, des problèmes de capacité apparaîtront dès que la flotte s’agrandira. Trois stratégies sont courantes, et elles ne s’excluent pas mutuellement :
- Recharge au dépôt : tous les véhicules se rechargent la nuit au dépôt via un raccordement multiphasé avec équilibrage de charge. Il s’agit de la stratégie de base la plus rentable pour les flottes disposant d’un lieu de stationnement fixe.
- Recharge en hub : des chargeurs rapides à courant continu (min. 50 kW) installés dans des micro-hubs urbains permettent de recharger les véhicules entre deux tournées de livraison. Idéal pour un kilométrage journalier élevé ou plusieurs tournées de livraison par jour.
- Recharge publique : convient comme solution d’appoint, mais pas comme stratégie principale pour les flottes de plus de 5 véhicules.
Étape 4 : Subventions et financement
Le prix d’achat plus élevé des véhicules électriques constitue le principal obstacle pour les entreprises de transport. Les pouvoirs publics belges et les fonds européens proposent un large éventail de solutions de financement pour accélérer la transition. Les entreprises de transport belges ont accès à 4 types de subventions :
- Subventions VLAIO pour les investissements durables des entreprises en Flandre
- Brussels Greening Fleet Fund pour les véhicules circulant dans la zone à faibles émissions (LEZ) de Bruxelles
- Avantages fiscaux : déductibilité intégrale des frais de leasing des véhicules électriques jusqu’en 2026
- Cofinancement FEDER pour les projets d’infrastructures logistiques dans les régions européennes innovantes
Étape 5 : Formation du personnel et adaptation des itinéraires
Un véhicule électrique ne se conduit pas comme une camionnette diesel, ce qui nécessite une adaptation du comportement au volant et de la planification. Le style de conduite influence l’autonomie réelle de 15 à 30 % : la récupération d’énergie au freinage, l’utilisation du chauffage et la vitesse de conduite déterminent le nombre de kilomètres qu’un conducteur parcourt effectivement. Les chauffeurs sont formés à une conduite économe en énergie lors de sessions ciblées. La planification des itinéraires tient ensuite compte des créneaux de recharge et de l’autonomie certifiée par véhicule et par jour.
Coûts de possession : diesel vs électrique
pour les véhicules parcourant un kilométrage quotidien élevé. Les coûts énergétiques d’une camionnette électrique sont de 60 à 70 % inférieurs par km à ceux du diesel, aux prix moyens de l’énergie en Belgique. Les coûts d’entretien diminuent en moyenne de 30 %, car la motorisation électrique comporte moins de pièces d’usure.
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